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Magnificat in g-Moll  (RV 610)
Le Magnificat, dans sa première version (RV 610), semblerait antérieur à 1718 mais fut remanié dans les années ’20 et plus fondamentalement vers 1738 avec la composition de cinq nouveaux arie (RV 611). En sa forme primitive, le rôle des solistes est assez modeste, laissant aux chœurs à quatre voix la place dominante.. On notera l’absence de thème initial, remplacé par une démarche harmonique impressionnante qui ouvre l’œuvre dans un intense climat de foi et de reconnaissance. Après une belle déclamation lyrique des paroles où la Vierge parle d’elle-même, réparties entre les solistes soprano et alto, auxquels répond le chœur « omnes, omnes » (tous), on aborde l’Et misericordia. Cette page est sans doute le point culminant de la partition et on ne peut que souscrire aux éloges de Carl de Nys évoquant les grands chœurs des maîtres du Nord, « de Buxtehude, de Haendel et même le Crucifixus de la Messe en si de Bach, voire le Qui tollis de la messe en ut mineur KV 427 de Mozart ». Et Carl de Nys de conclure : « les harmonies à la fois pleines et audacieuses d’une page comme celle-ci n’appartiennent déjà plus vraiment au style baroque : elles témoignent d’un grand maître tendant vers le style classique ».  On notera encore un duo de soprani, très valablement exécuté par plusieurs voix à l’unisson et le « Sicut locutus est » qui fait dialoguer soprani, alti et basses et deux hautbois. Le Fecit potentiam donne un rôle très expressif  et violent aux chœurs et l’orchestre déchaîné, tandis que le même ensemble se fait doux et attendrissant dans le Suscépit Israël. Enfin, le Gloria Patri reprend l’élan harmonique de l’entrée pour aboutir à une fugue aussi superbe que condensée.
A. VIVALDI
(1678-1741)
Antonio VIVALDI