Josef Gabriel Rheinberger est né le 17 mars 1839 à Vaduz, dans la Principauté du Liechtenstein. Son père était administrateur des comptes de la Principauté. Dès l’âge de sept ans, il accompagnait à l’orgue les services religieux et composait de petites œuvres. Après deux ans d’études musicales à Feldkirch, il entra en 1851, sur recommandation, au Conservatoire de Munich et s’installa ainsi dans cette ville dont il choisit de faire sa patrie d’élection. Il y résida jusqu’à sa mort survenue le 25 novembre 1901 et anima durant presque un demi-siècle la vie musicale de cette ville.
Six ans après la composition de la Messe en Mi bémol majeur, en août 1884, Rheinberger accomplit un vœu avec la composition du Stabat Mater op.138 pour chœur, orgue et orchestre à cordes (ad libitum) en Sol mineur. Depuis le début des années 1870, Rheinberger souffrait d’un abcès ouvert à la main droite. Au printemps 1884, il fit la promesse de composer un « Stabat Mater » si son mal devait s’atténuer. Lorsqu’au cours de l’été, une amélioration commença à se faire jour, il mit à profit ses traditionnelles vacances d’été à Wildbad Kreuth pour cette composition d’après la séquence de la Fête des Sept Douleurs de la Vierge, et la donna pour la première fois le Vendredi Saint de l’année 1885 dans la Allerheiligen Hofkirche.
Dans cette œuvre à quatre mouvements, le texte est également traité avec une expression personnelle. On s’en aperçoit plus précisément dans le troisième mouvement qui occupe, par sa densité, le milieu de l’œuvre ; le deuxième mouvement en Mi bémol majeur conclut avec les paroles qui évoquent le Fils mourant sur la croix et qui exhale son esprit (« dum emisit spiritum »). C’est alors que commence le troisième mouvement avec la reprise de la mélodie initiale du Lamento que l’on entendait au début. Il se poursuit aussitôt dans une tonalité de Sol devenu majeur, qui éclaire ainsi le ton fondamental de l’œuvre caractérisant la douleur de la Mère de Dieu. Les paroles de supplication évoquent une souffrance transfigurée par une mélodie pleine de douceur évoluant dans une mesure à 6/4 et soutenue par les pizzicati des basses..