Destiné à un chœur à quatre voix mixtes avec accompagnement d’orgue, ce Cantique fut dédié à César Franck, et exécuté pour la première fois à la Société nationale, à Paris, le 15 mai 1875. Il avait déjà valu à son auteur le Premier prix de composition clôturant son séjour à l’Ecole Niedermeyer. C’est mieux qu’un simple et hasardeux exercice d’école : dans sa concision et son achèvement, la partition révèle une remarquable assimilation des grands maîtres des XVIe et XVIIe siècles, avec sa simplicité mélodique et la limpidité de sa polyphonie. Les trois quatrains sont développés en une écriture chorale d’une parfaite aisance et d’une grande plénitude. Une certaine gravité, une noblesse accordée au classicisme racinien, ne manquent pas non plus d’étonner chez un si jeune créateur.
C ‘est en 1863 ou 1864 (donc vers 18 ou 19 ans), alors qu’il terminait ses études à l’Ecole Niedermeyer, que Fauré écrivit cette pièce sur une des hymnes traduites en vers par Racine vers 1655-1656 à partir du bréviaire romain, celle du mardi à matines :
Cantique de Jean Racine (OP 11)
G. FAURÉ (1845-1924)
Verbe égal au Très Haut, notre unique espérance Jour éternel de la terre et des cieux De la paisible nuit nous rompons le silence Divin Sauveur, jette sur nous les yeux.
Répands sur nous le feu de ta grâce puissante Que tout l’enfer fuie au son de ta voix Dissipe le sommeil d’une âme languissante Qui la conduit à l’oubli de tes lois
O Christ, sois favorable à ce peuple fidèle Pour te bénir maintenant rassemblé Reçois les chants qu’il offre à ta gloire immortelle Et de tes dons qu’il retourne comblé.